Cette question est valable tant pour les femmes que pour les hommes. Elle n’est pas de moi, mais du psychiatre en périnatalité Oguz Omay.
Et effectivement, entre cette envie ou pas d’avoir un enfant et le moment où la femme tombe enceinte, il se passe beaucoup de choses qui seront déterminantes dans la vie de ce futur être humain.
On n’arrive pas au monde de la même façon si l’on nait d’une histoire d’amour ou d’une histoire de viol.
Savez-vous que le développement cérébral d’un être humain démarre dès la 5ème semaine après la conception ?
Il commence avec la formation des premières synapses dans la moelle épinière. Une semaine plus tard, ces connexions déclenchent les premiers mouvements fœtaux, observables par échographie. Dès 8 à 10 semaines, apparaissent des gestes plus complexes : flexions, mouvements des membres, hoquet, bâillements, succion et déglutition. À la fin du premier trimestre, le fœtus possède déjà un large répertoire gestuel, bien que les premiers mouvements ne soient perçus par la mère qu’autour de la 18ᵉ semaine.
Au deuxième trimestre, les réflexes vitaux se développent : mouvements respiratoires rythmiques, succion et déglutition. Contrôlées par le tronc cérébral, ces fonctions assurent la régulation du rythme cardiaque, de la respiration et de la tension artérielle. En fin de trimestre, l’activité cérébrale du fœtus est assez avancée pour permettre la survie en cas de naissance prématurée.
Enfin, au troisième trimestre, le cortex cérébral, siège de la pensée et de la mémoire, atteint sa maturité. Si les prématurés présentent une activité électrique basique, les connexions cérébrales se complexifient en fin de grossesse. Le fœtus développe alors des capacités d’apprentissage, s’habituant aux sons répétés et reconnaissant les odeurs et la voix maternelle.
La période périnatale, est un moment de grande vulnérabilité tant pour la mère que pour l’enfant. Si cette phase est souvent associée à la joie de la naissance, elle peut également être marquée par des expériences traumatisantes, entraînant un état de stress post-traumatique périnatal (ESPT-P).
La liste n’est pas exhaustive, mais permet de planter le décors de ce que ce futur être humain va recevoir dans le « petit sac à dos » avec lequel il va naître.
A cela s’ajoute d’autres traumatismes pouvant être provoqués par une grossesse compliquée, un accouchement difficile, des interventions médicales invasives, ou encore une expérience perçue comme violente par la mère (maltraitance obstétricale, séparation forcée du bébé, douleur non prise en compte, etc.). Ses répercussions sont profondes et peuvent affecter la mère, le bébé, mais aussi le co-parent, la famille, avec des conséquences psychiques et physiques non négligeables.
Le stress post-traumatique périnatal est une réponse psychologique intense à un événement vécu comme potentiellement mortel ou menaçant durant la grossesse, l’accouchement ou le post-partum immédiat. Selon le DSM-5 (American Psychiatric Association, 2013), le trouble de stress post-traumatique (TSPT) survient après une exposition à une menace réelle ou perçue, et se caractérise par :
Dans le cadre périnatal, ce stress post-traumatique peut être déclenché par :
Ces événements peuvent entraîner une détresse psychologique intense et altérer le lien mère-bébé.
Conséquences sur la Mère
Le traumatisme périnatal a des effets immédiats et à long terme sur la santé mentale des mères :
Conséquences sur le Bébé durant les 1000 Premiers Jours
Les 1000 premiers jours de l’enfant sont cruciaux pour son développement neurobiologique et psycho-affectif. Le traumatisme maternel peut avoir un impact sur :
Conséquences sur le Père/Co-parent
Le père ou co-parent est souvent oublié dans la prise en charge du traumatisme périnatal, alors qu’il peut lui aussi être affecté :
Face aux impacts majeurs du traumatisme périnatal, plusieurs stratégies peuvent être mises en place.
En fonction du passé et de l’actualité de la future mère, il est essentiel de faire un Suivi psychologique prénatal. Cela se fait via une thérapie systémique, ou TCC, ou des outils précis en lien avec le trauma complexe, de la psychoéducation…
Ce suivi doit continuer après l’accouchement afin de pouvoir épauler les parents le mieux possible. La thérapie de réseau est également importante car elle va soutenir la mère dans cette période si particulière et permettre à tous les professionnels de travailler dans le même sens.
Le traumatisme périnatal est une réalité méconnue aux conséquences profondes sur la mère, le bébé et le co-parent. Sa reconnaissance et sa prise en charge sont essentielles pour limiter ses effets sur l’enfant, période déterminante pour son développement futur.
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