Mais parfois, ce qui était un cocon chaleureux peut devenir une arène où les silences pèsent plus que les mots, et où les disputes finissent par remplacer les échanges tendres.
Vous vous demandez peut-être : « Sommes-nous en train de nous perdre, ou est-ce juste une mauvaise passe ? » Dans cet article, je vous propose des pistes concrètes pour comprendre, désamorcer et transformer ces crises de couple.
Les crises dans le couple ne sont pas une erreur du système. Elles sont le système. En systémique, on dit souvent que le symptôme est une tentative de solution. Les disputes peuvent ainsi être vues comme une manière maladroite, mais sincère, de maintenir le lien.
« Mieux vaut crier que se taire pour toujours ».
Au bout de 10 ans, la routine s’est souvent installée : l’un fait les courses, l’autre gère les lessives, chacun devient spécialiste d’un territoire. Mais cette organisation, si pratique soit-elle, peut devenir une prison relationnelle. L’autre n’est plus vu comme un partenaire, mais comme un collègue domestique en CDD affectif.
On s’est aimés pour notre humour, notre vision de la vie, nos projets. Aujourd’hui, on se juge sur ce qui ne nous convient plus, et on ne voit plus que ça. Ce glissement subtil, cette transformation de l’amour en gestion de projet familial, est un terreau fertile pour la frustration.
Tout cela finit par éloigner chacun de ce qui était pourtant ce qui vous a réuni au départ : l’amour.
C’est ce même besoin de construire une vie de famille qui vous a petit à petit englouti dans la gestion du quotidien de cette dernière. On n’a plus de temps pour l’autre. Du coup, on ne voit plus l’autre qu’à travers les tâches qui doivent être faites et qui ne l’ont pas été. Les reproches s’accumulent, et le regard qu’on porte sur l’autre ne passe plus qu’à travers le prisme de ce qu’on ne supporte plus chez lui ou elle.
Quand le couple s’ennuie ou s’est complètement perdu de vue, les crises sont un bon moyen de rester en contact, de faire en sorte que le lien existe encore. Alors, oui, ce n’est pas le bon moyen pour se retrouver, mais c’est un bon moyen pour ne pas s’oublier totalement.
Attention ! Dès qu’un couple commence a passer plus de temps à se disputer qu’à s’écouter, il faut comprendre que rien ne va plus.
Certaines crises deviennent des rituels de survie émotionnelle : on se dispute, on s’éloigne, on se rabiboche. C’est une manière de dire « Je suis encore là ». Mais quand les disputes deviennent plus fréquentes que les rires partagés, le couple a basculé dans une dynamique d’alerte.
Signe critique : vous passez plus de temps à vous reprocher qu’à vous raconter.
Réflexe à adopter : se demander non pas « Pourquoi on s’engueule autant ? » mais « Pourquoi c’est notre seul mode de contact ? »
La communication devient ici essentielle, mais pas n’importe comment. Oubliez les monologues blessants sur fond de vaisselle sale. Il s’agit de remettre du sens, du rythme et surtout de la sécurité dans l’échange.
1. Ce que je ne supporte plus… chez l’autre ou en moi ?
En systémique, on explore les boucles de rétroaction : ce que je reproche à l’autre me renvoie une image de moi que je ne supporte pas. Ces interactions circulaires alimentent le malentendu.
Exemple : vous reprochez à votre partenaire de ne pas vous écouter, mais en réalité vous ne vous sentez plus digne d’intérêt.
Exercice rapide : Notez ce que vous reprochez à l’autre. Puis demandez-vous : qu’est-ce que cela dit de ce que je ressens, moi, profondément ?
2. Le facteur déclencheur : événement ou révélateur ?
Parfois, la crise trouve son origine dans un événement (infidélité, changement professionnel, deuil, etc.). D’autres fois, ce n’est qu’un révélateur d’un déséquilibre plus ancien. Il est utile ici de se demander : « Est-ce une cause ou une conséquence ? »
L’argent, ou plutôt les problèmes financiers sont aussi des éléments déterminants dans la crise de couple. Ils sont source d’angoisse et enlisent le couple dans des mécanismes de survie. Sans aides concrètes, difficile pour le couple de penser à autre chose. La seule solution dans ce cas-là est une aide extérieure.
C’est une chose qui peut arriver à de nombreux couples, surtout lorsqu’ils ont vécu ensemble des années de difficultés. Vous pouvez par exemple vous sentir moins à la hauteur lorsque vous vous retrouvez face à une situation nouvelle.
Ce n’est pas toujours l’autre qui nous juge. C’est souvent notre propre regard qui devient impitoyable. Après des années de responsabilités, on doute. On se sent dépassé·e. On pense que l’autre nous voit comme « inutile », ou « pas capable ».
Objectif thérapeutique : remettre de la reconnaissance dans la relation. Nommer les efforts invisibles. Valoriser ce qui est fait, pas seulement ce qui manque.
Le quotidien, tout le monde le sait, est un tue l’amour. Compliqué d’éprouver des envies sexuelles partagées après une journée de travail, une vie familiale à gérer et l’esprit envahie par toutes les choses restantes à faire. Il y a également toutes les complications post accouchement, l’épuisement parental, les hormones qui font le yoyo, et la place très (trop) important qu’on donne à son job de parent.
Alors les envies sexuelles se résument à des pulsions. Malheureusement elles ne sont pas égales, ni au même moment pour chacun des partenaires. Se retrouver ensemble à cet endroit-là est un véritable réapprentissage de l’autre et surtout de son propre corps. Redevenir capable de définir ses envies, ses besoins et comment y parvenir, pour soi et pour l’autre.
Après 10 ans de vie commune et plus, il faut réussir l’exercice de ramener dans la vie de tout les jours un peu de légèreté, réapprendre à rire ensemble, qui est bien plus qu’un bon moment, c’est un acte réparateur. Rire de soi, des absurdités du quotidien, c’est relancer la machine à tendresse.
Et non, votre couple n’est pas condamné parce que vous ne partez plus en week-end improvisé à Venise. Par contre, prendre 30 minutes sans téléphone pour se poser et discuter de sa journée, c’est déjà du luxe.
Cela demande une aide extérieure qui permet de mettre des mots sur les blessures du couple et de chacun. De communiquer de nouveau et différemment. De s’écouter sans se juger. De s’aménager des moments rien pour soi et des moments que pour le couple.
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