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Ma fille a eu des rapports sexuels à 13 ans

Cette maman qui me contacte est complètement démunie face à sa fille de 13 ans qui vient de lui avouer qu’elle a eu des rapports sexuels. Sa fille est déjà formée et a eu ses règles à 12 ans, mais peut-on pour autant penser qu’elle est assez mature pour avoir une relation sexuelle ?

La majorité sexuelle est fixée en Suisse à 16 ans.

La loi considère donc que c’est à partir de 16 ans que les jeunes sont suffisamment mûrs pour entretenir des relations sexuelles. Il est permis d’avoir des relations sexuelles consentantes avant 16 ans, mais seulement si la différence d’âge entre les personnes (deux mineurs ou bien un mineur et un majeur) ne dépasse pas trois ans.

Les statistiques

Entre 1960 et les années 2000, les premières relations sexuelles sont passées de l’âge de 20 ans à 17 ans. Il y a donc eu une véritable révolution des mœurs dans la population. La taille moyenne est passé de 176,6 cm pour les hommes (+1,2 cm) et 163,9 cm pour les femmes (+1,3 cm) entre 2012 et 2020. Les filles sont formées et réglées plus tôt (à 12 ans en moyenne contre 13 ½ ans avant). La population a également grossi en taille (40 contre 38 auparavant), la faute à une alimentation trop riche et à la sédentarisation, surtout chez les jeunes qui ont une vraie tendance au surpoids.

Le rôle des médias

Enfin, l’hyper sexualisation des stars que ce soit dans les clips vidéo des chanteuses ou chanteurs, dans les séries ou les films, dans tous les médias lors de manifestions « people ». L’accès, sur les réseaux sociaux et autres, aux sites pornographiques et à la banalisation de l’acte sexuel en tant que tel.

Comment comprendre la relation sexuelle quand on a 12 ans et qu’on est saturé par tout ça ?

On pourrait dire que c’est en principe aux parents de donner aux enfants les bonnes informations pour les aider à mieux comprendre et appréhender leur vie sexuelle. Il se trouve qu’en 2022, ce sujet est encore malheureusement bien compliqué à aborder par les parents, voire à être tabou.

Cette mère, par exemple, bien que ça fille ai été réglée relativement tôt, n’a pas su comment lui expliquer « ces choses-là ». Elle-même ne sachant pas vraiment comment se dépatouiller avec sa propre représentation d’une sexualité, à défaut d’être épanouie, au moins assumée.

En effet, comment trouver les bons mots et les bons moments pour en parler ? Qu’est-ce que cette maman a vécu dans la transmission qui la coince aujourd’hui pour transmettre à son tour ? Pourquoi lui est-il toujours aussi compliqué d’aborder ce sujet ?

Les mœurs évolues plus vite que les mentalités.

Commencez par nommer les choses par leur vrai nom. Dites « penis », « vulve », « vagin », plutôt que « minou » ou « zézette ». Expliquez clairement le fonctionnement de l’appareil génital tant masculin que féminin. Questionnez-vous sur vos propres tabous. Quelles sont les choses qui vous dérangent au point de ne pouvoir en parler ? pourquoi ? Quelles émotions sont liées à ce blocage ? Et si vous preniez le temps d’en parler avec un psy, votre gynécologue ou votre médecin traitant ?

Je suis toujours très étonnée de la méconnaissance qu’ont les jeunes sur le fonctionnement de leur propre sexe. Mais ce qui me surprend le plus, c’est que beaucoup de parents sont dans le même cas.

Quand les enfants sont petits, les sujets autour de leur sexualité sont souvent plus facilement abordés par les parents que lorsqu’ils sont plus grands, et parfois plus du tout quand ils sont ados.

Choisir ces mots

Si vous avez du mal à en parler, ne vous forcez pas et dites à votre enfant que vous n’êtes pas à l’aise. Orientez-le alors vers un adulte qui pourra le faire pour vous (infirmière scolaire, quelqu’un de proche en qui vous avez confiance).

Attendez qu’il/elle vous pose des questions et répondez de manière technique (le corps humain, comment ça marche…), et dites que chacun à sa façon de concevoir la relation amoureuse. Racontez comment vous, vous la vivez, mais que cela vous appartient et sera forcément différent pour votre enfant.

Pour finir, pensez à aller ensemble voir un/une profesionnel/le pour en parler plus librement.