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Savoir demander de l’aide quand on est ado ou jeune adulte

Les jeunes ont du mal à demander de l’aide à un thérapeute en psychologie

Si les parents ne « forcent » pas leurs ados ou jeunes adultes à aller voir un thérapeute en psychologie, ces derniers ne le font pas d’eux-mêmes. Pourtant, pour ceux qui ont osés demander de l’aide tout seul, ils expriment très clairement le bienfait que cela leur a apporté.

C’est vrai que de passer de l’enfance où les parents prennent tout en charge, y compris les rendez-vous médicaux et autres, l’adolescence est encore un passage où le jeune se laisse porter. Ce fonctionnement est un peu différent lorsque les jeunes sont partis de la maison pour faire leurs études. Mais là encore, le premier réflexe (qui est légitime) est de se tourner vers ses pairs pour raconter ses problèmes.

La plupart du temps, les jeunes pensent que l’adulte en face de lui ne le comprendra pas ou encore pire, qu’il va le juger. Il y a un décalage de langage, de mode de vie, de besoins et de la façon dont ils vivent leurs problèmes par rapport à ce que ce thérapeute sera en capacité de comprendre. Cela est souvent dû au fait qu’ils ont parfois essayé d’en parler aux adultes proches d’eux (parents, oncle, tante, grands-parents…) et que les réponses reçues ne les ont absolument pas aidés. L’adulte est donc perçu comme un intrus voire comme un ennemi potentiel. Et il est vrai que les adultes sont souvent la source des problèmes rencontrés par ces jeunes.

Du coup, comment faire confiance à un adulte ?

Malheureusement, la maladie mentale est encore considérée comme une « tare » chez beaucoup de personnes dans notre société. Les jeunes ont peur que les autres apprennent leurs difficultés. Ils auraient honte que leurs problèmes et leurs démarches soient divulgués et connus de tous. Ils se replient sur eux et coupent petit à petit les liens sociaux avec les autres.

L., 25 ans, m’a téléphoné un jour pour me demander si je pouvais l’aider. Il était très hésitant à venir. Il a décommandé 2 fois le rendez-vous avant de vraiment venir. Il avait plein de clichés sur une consultation, et a été très surpris qu’on s’assoie l’un en face de l’autre pour discuter. Il ne pensait pas non plus que j’allais lui conseiller d’aller voir en parallèle son médecin de famille pour faire un petit bilan de santé, histoire d’être sûr que son mal-être ne venait pas d’une maladie quelconque. Mais surtout, il a vraiment apprécié de pouvoir « vider son sac » sans se sentir jugé ou fou, comme il disait. Ce qui l’a rassuré, c’est de s’entendre dire, qu’au vu de la situation qu’il traversait, son état était logique. Au final, quand il a réussi à reprendre le cours de sa vie de manière plus sereine, ce dont il a été le plus fier, c’est d’avoir eu le courage de consulter.

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Comment aider un ado ou un jeune adulte à aller consulter

Les freins à une consultation sont multiples. La plus importante est financière. Pour palier à cela, le médecin généraliste peut-être un bon moyen pour obtenir un remboursement des séances via une prescription médicale établie par ce dernier. Il est également possible de faire une thérapie avec un médecin-psychiatre qui sera de facto remboursé.

Il y a également une grande méconnaissance des différentes thérapies possibles. Et puis comment chercher ? Un jeune va alors soit se faire conseiller par l’infirmière ou la psychologue scolaire, soit par des amis connaissant des amis qui ont déjà suivis une thérapie (les copains n’avouent jamais en direct être celui ou celle qui a suivi ladite thérapie).

Les jeunes sont une population fragile et très exposée aux aléas de la vie. Il faut dire aussi que la barre est haute ! Ils se collent la pression pour répondre à des critères fictifs où ils se doivent d’être beaux, sportifs, performants, intelligents, supers sociabilisés… Et avec les réseaux sociaux qui déversent en masse la vie de rêves de tous leurs contacts, c’est facile pour eux d’avoir l’impression qu’ils sont les seuls à avoir des journées un peu merdiques.

Le plus important lors d’une recherche pour une thérapie, est que le feeling passe tout de suite avec le thérapeute. Il faut que ce soit immédiat. Il me semble donc important, en tant que thérapeute, de prendre un tout petit peu de temps lorsqu’un jeune prend contact avec moi pour permettre de tisser un début de lien, pour qu’il franchisse le pas et décide de se faire aider sans craintes.