Problèmes scolaires

Face aux difficultés scolaires de leurs enfants, les parents se sentent souvent démunis. Comment réagir et prendre les bonnes décisions pour l’aider ?

Un enfant qui rencontre de vraies difficultés d’apprentissage, est un enfant en souffrance, car il ne peut répondre à ce qu’on attend de lui et le vit comme un échec permanent. Du coup, soit il se bloque complètement, soit il met en place des stratégies d’évitement qui se traduiront par un désintérêt apparent, des plaintes somatiques, de l’opposition, de l’agitation, des troubles de sommeil, de l’agressivité…

Dans ce cas-là, il faut mettre en place une prise en charge globale qui prend en compte les aspects cognitifs, intellectuels, mais aussi affectifs du problème.  

Les enseignants sont les mieux placés pour détecter chez certains enfants des troubles de l’apprentissage. Détectées tôt, les difficultés d’apprentissage pourront être corrigées avec des méthodes comme la logopédie, la psychomotricité, dispensées par des professionnels.

Les parents et leur scolarité

Vous aussi en tant que parent avez vécu “l’école”. Quel souvenir en gardez-vous ?

L’école a un rôle fondamental dans la sociabilisation d’un enfant, dans la construction de sa confiance en lui, ainsi que dans sa valorisation. Les expériences scolaires vécues par chaque parent vont constituer leur propre représentation de l’école et déterminer leurs attentes et leurs craintes actuelles. Échecs ou réussites scolaires vont donner une qualité émotionnelle spécifique à leur relation avec l’école. Parfois la difficulté scolaire est en résonance avec un vécu particulier dans la famille. Par exemple, une séparation de la part des parents, un retour au travail de la mère, la perte d’emploi du père, etc.
Je pense à cette maman qui a une profession qui lui permet de mener un train de vie luxueux et qui explique à sa fille de 15 ans, en échec scolaire, qu’elle aussi n’a jamais réussi à l’école. Que ce n’était pas son truc et qu’elle a tout appris sur le tas. Elle demande en parallèle à sa fille de travailler à l’école, sinon elle ne fera rien de sa vie. L’adolescente devait donc composer avec ce double message qui est celui de la réussite matérielle de sa mère qui n’avait rien à voir avec l’école et le discours de cette dernière lui disant que la réussite passait par l’école…

L’école et les enjeux familiaux

Aujourd’hui, dans nos sociétés développées, la scolarité est devenue, dans presque tous les milieux, la tâche essentielle des enfants: on demande d’abord à un enfant de «bien travailler à l’école».
Le plus souvent, même, on ne lui demande que cela. Le travail scolaire est ainsi devenu sa plus importante source de reconnaissance, sinon la seule.

Est-ce que les parents donne autant de reconnaissance à leur enfant dans ses autres activités (extra-scolaires par exemple) que celles liées aux apprentissages scolaires? Et à travers cette reconnaissance, celle de la famille qui vit la difficulté scolaire comme un dysfonctionnement de tous les membres. C’est un échec pour tous. Il est donc impossible aux parents de laisser un enfant échouer à l’école.

Quoi qu’il en soit, les 2 systèmes, scolaire et familial, ont en charge une tâche commune, qui est celle de l’éducation des enfants et doivent trouver des formes d’organisation du travail, de communication, de cohabitation.

Il y a également une attente légitime des parents envers l’école. Ces derniers veulent que les enseignants transmettent du savoir et du savoir-faire à leur enfant, parfois même du savoir-être, oubliant que cette partie leur incombe majoritairement.

Et c’est bien souvent des sujets de controverse. Les critiques des parents sont axées sur les méthodes pédagogiques, l’attitude de l’enseignant, les matières enseignées, le fonctionnement de la classe, etc.. Et surtout, sur l’évaluation des capacités et compétences de leur enfant, sanctionné par les notes et par l’obtention ou pas d’un diplôme. En fonction de l’émotion engendrée chez les parents par les difficultés de l’enfant, ils vont soient collaborer avec l’école (devoirs à la maison), soit lutter contre elle en tentant de devenir eux-mêmes des enseignants à la maison et penser ainsi palier aux problèmes.

On sait qu’il est extrêmement difficile d’envisager un changement du système scolaire en tant que tel. Il faut également prendre en compte que chaque enseignant a aussi sa propre histoire familiale et scolaire avec laquelle il va composer pour enseigner.

Je me suis rendu compte également que certains enfants “décrochent” car ils n’ont pas compris le fonctionnement du système scolaire, ni ce qu’on attend d’eux véritablement. Il y a un trop grand décalage entre ce qu’ils vivent hors de l’école, leur compréhension de la vie et le système scolaire. Ils n’arrivent pas à faire de liens et ne mesurent pas l’importance de ce qu’implique l’école.

Difficultés d’apprentissage et troubles cognitifs

Les troubles cognitifs regroupent tout ce qui a trait aux « dys » (dyslexie, dyscalculie, dyspraxies dysorthographie), au Haut Potentiel (HP), aux troubles de l’attention avec ou sans hyper activité (TDA/H), à l’autisme (à un degré plus ou moins grand du spectre autistique), etc. …

Ces enfants, une fois détectés, auront des mesures spécifiques en classe leur permettant de pouvoir suivre une scolarité normale et à leur rythme. Pour aider les parents dans ce parcours compliqué, il existe à Genève l’association https://www.aspedah.ch/ qui offre un panel de possibilités très intéressantes.

Difficultés d’apprentissage et troubles psychologiques

Les troubles psychologiques comme le manque de confiance en soi, les angoisses, le stress, la dépression chez l’enfant ou l’adolescent, l’incapacité à gérer la frustration, ou l’impact des problèmes familiaux, sont des éléments qui provoquent l’incapacité aux apprentissages.

L’enfant est littéralement envahi par son problème et n’a plus d’espace pour se concentrer sur sa scolarité.

Les solutions

Pour l’enfant en difficulté, un bilan auprès de l’OMP peu être nécessaire afin de mettre en place toutes les mesures d’aide que propose ensuite le DIP.

On peut également le faire suivre par une logopédiste,  lui faire suivre des séances avec un pédopsychiatre.

Il est très important que toute la famille suive également une thérapie familiale car les problèmes psychologiques de l’enfant sont généralement en lien avec les interactions et les liens affectifs entre les membres de la famille. Les parents ont besoin d’un soutien et d’une compréhension de la situation afin d’éviter l’épuisement familial.

Lorsque la demande vient de parents faisant face aux difficultés scolaires de leur enfant, je prends en compte le contexte dans lequel le problème existe, tant au niveau du système scolaire que celui du système familial, ainsi que des liens et interactions entre eux.

Il sera donc plus facile de mettre en place des outils et des stratégies d’aide à la maison afin de redonner à la famille suffisamment de créativité pour pouvoir aider l’enfant dans son parcours scolaire. Cela implique du dialogue entre tous les membres du système familial et sa capacité de remise en question.